Le ministère des finances a émis semaine dernière son rapport annuel TRACFIN, dans ce dernier il est précisé que le nombre de transaction de propriété viticole pour lesquelles un blanchiment d'argent est suspecté est en forte augmentation.

En lisant les quelques lignes du rapport, relayé tambour bâtant par la presse nationale je ris doucement…

En effet, la plus part des journalistes n'ont pas pris le temps de lire le rapport, qui semble t il fait un zoom anecdotique sur ces questions des investissements étrangers dans le vignoble français. C'est en réalité une quinzaine de dossiers de fraude suspectée que la brigade financière de Bercy a eu à traiter cette année pour ce qui concerne le monde viticole. Dans le même temps, 27000 autres dossiers étaient portés à la connaissance de Bercy. Les fraudeurs du monde viticole représentent donc environ 0.0005% du blanchiment d'argent.

Dans un premier temps je me demanderai bien où sont passés les 99,9995% restants et ensuite je me demanderai où sont passés les bons journalistes, ceux de terrains qui vont à la recherche de la vrai information…

Hasard du calendrier, j'étais à la même période en vacances dans une région viticole qui a de plus en plus la côte : le Somontano en Espagne. A découvrir ICI

Somontano Vin

J'ai eu l'occasion de visiter l'une des caves les plus excentriques… les plus folles… Bien que je n'adhère absolument pas au discours technologique que vous découvrirez dans la vidéo ci-dessous, la visite valait la peine, ne serait ce que pour l'étonnement!

En découvrant la cave (+ de photos), on ne peut que s'interroger sur le cout d'une telle structure, l'investissement dans les bâtiments dépasse les 9 millions d'euros, le projet global frise avec les 100 millions d'euros (350 ha de vignobles cela s'entretien!)… Devant de tels moyens, la plus part des locaux que je rencontre ont une explication simple : le blanchiment d'argent.

L'explication se tient, puisque ce sont des entreprises de construction qui ont porté ces projets titanesque dans le Somontano mais aussi dans la Rioja. Des entreprises qui avaient manifestement beaucoup de liquidités à investir avant le passage à l'Euro. De plus, il apparait aujourd'hui clairement impossible d'obtenir une rentabilité suffisante pour financer un tel investissement.

La morale de l'histoire : le projet à mal tourné, la filiale du groupe de construction a dû mettre la clef sous la porte, la structure a aujourd'hui été reprise par différentes entreprises locales qui exploitent séparément le vignoble, le restaurant; la cave; le chai de conditionnement et gèrent les visites. comme quoi, blanchir son argent avec du vin n'est pas si facile!